Projet 3 — Le texte exhortatif : l'appel
Projet 3 : l'appel. Reconnaître un texte exhortatif, en identifier les trois parties, les procédés d'incitation et la visée.
يتكوّن الدرس من 9 أجزاء: 1. Qu'est-ce qu'un appel ?، 2. La structure de l'appel، 3. Les procédés de l'exhortation، 4. Récapitulatif، 5. Énonciation, rapport de force et enjeu de l'appel، 6. L'appel à l'oral : écouter, réagir, prendre la parole، 7. Rendre compte d'un appel : le compte rendu objectif، 8. Produire un appel pour une journée citoyenne، 9. Entraînement.
1. Qu'est-ce qu'un appel ?
Définition
Le texte exhortatif, ou appel, est un texte dans lequel l'auteur s'adresse directement à un destinataire pour l'inciter à agir, à réagir ou à changer de comportement face à une situation qu'il juge grave.
Il ne se contente pas de convaincre : il veut faire faire.
Ce qui le distingue du texte argumentatif
| | Texte argumentatif | Texte exhortatif | | :-- | :----------------- | :--------------- | | But | convaincre de la justesse d'une idée | pousser à agir | | Destinataire | souvent indéterminé | interpellé directement | | Modes verbaux | indicatif | impératif, subjonctif, futur | | Ton | démonstratif | pressant, mobilisateur | | Fin du texte | conclusion de la démonstration | appel final à l'action |
L'appel contient de l'argumentation : il faut bien justifier pourquoi il faut agir. Mais l'argumentation y est un moyen, non une fin.
Qui lance un appel ?
Un homme politique, un responsable d'une organisation non gouvernementale, un écologiste, un médecin, un scientifique, un artiste engagé, une institution internationale.
Le statut de l'auteur compte : il fonde la légitimité de l'appel. Un appel à la vaccination signé par un médecin n'a pas le même poids qu'un appel anonyme.
À qui s'adresse un appel ?
À un destinataire nommé ou désigné : les jeunes, les citoyens, la communauté internationale, les décideurs, chacun d'entre nous.
Repérez-le : la question « à qui l'auteur s'adresse-t-il ? » revient très souvent dans les questionnaires sur l'appel.
Les thèmes habituels de l'appel
- La protection de l'environnement et le climat ;
- La paix, la tolérance, le refus de la violence ;
- La solidarité avec les populations en détresse ;
- La santé publique et la lutte contre les fléaux sociaux ;
- L'éducation, la lecture, la préservation du patrimoine.
Ces thèmes reviennent parce qu'ils sont universels et qu'ils appellent une réponse collective.
2. La structure de l'appel
Trois parties, dans cet ordre
L'appel est essentiellement composé de trois parties : expositive (ou informative), argumentative, exhortative (ou injonctive).
1. La partie expositive — le constat
L'auteur expose la situation et pose le problème. Il décrit un état de fait alarmant, chiffres et exemples à l'appui.
> Chaque année, des millions d'hectares de forêt disparaissent…
Marques de langue : présent de l'indicatif, données chiffrées, lexique de la gravité, phrases déclaratives.
2. La partie argumentative — la dénonciation
L'auteur dénonce cette situation et démontre qu'elle ne peut durer. Il en montre les causes, les responsables et les conséquences.
> Cette destruction n'est pas une fatalité : elle est le produit de choix économiques…
Marques de langue : connecteurs logiques de cause et de conséquence, lexique péjoratif, verbes de dénonciation.
3. La partie exhortative — l'appel proprement dit
L'auteur appelle au changement, propose des solutions et exprime l'espoir.
> Agissons maintenant. Plantons, protégeons, exigeons. Il n'est pas trop tard.
Marques de langue : impératif, subjonctif, verbes performatifs, apostrophe, futur d'espérance.
Le schéma à retenir
Où se situe la charnière ?
Repérez le premier verbe à l'impératif : il marque presque toujours le passage à la partie exhortative.
Si le texte n'emploie pas l'impératif, cherchez le subjonctif d'ordre (« qu'il soit mis fin à… »), le futur (« nous agirons »), ou une tournure impersonnelle d'obligation (« il faut que », « il est urgent de »).
3. Les procédés de l'exhortation
Les modes et les temps
| Mode ou temps | Valeur | Exemple | | :------------ | :----- | :------ | | Impératif | l'ordre, le conseil, l'exhortation | Agissons ! Protégez ! Ne restons pas indifférents. | | Subjonctif | le souhait, la volonté, l'ordre indirect | Il faut que chacun prenne ses responsabilités. | | Futur simple | l'engagement, la promesse, la menace | Demain, il sera trop tard. | | Conditionnel | la possibilité, la suggestion atténuée | Nous pourrions encore inverser la tendance. |
Les verbes de modalité
Falloir et devoir expriment l'obligation et la nécessité, cœur du discours exhortatif ; pouvoir exprime la possibilité d'agir, qui nourrit l'espoir.
> Il faut agir. Nous devons réagir. Nous pouvons encore changer les choses.
Les verbes performatifs
Un verbe performatif accomplit l'action qu'il énonce : en disant « j'appelle », l'auteur appelle réellement.
> j'appelle, je lance un appel, j'exhorte, j'invite, je demande, je supplie, j'implore, je vous engage à…
Ces verbes sont la signature du texte exhortatif. En trouver un, c'est avoir identifié le type de texte.
Les procédés d'interpellation
| Procédé | Effet | Exemple | | :------ | :---- | :------ | | Apostrophe | interpelle le destinataire en le nommant | Jeunes de mon pays, … | | Pronoms de la 2e personne | implique directement | vous, votre, vos | | Le « nous » inclusif | associe l'auteur au destinataire | Nous sommes tous responsables. | | Question rhétorique | fait réfléchir sans attendre de réponse | Allons-nous rester spectateurs ? | | Répétition et anaphore | martèle, grave dans la mémoire | Agir aujourd'hui. Agir ensemble. Agir vite. | | Point d'exclamation | intensifie l'émotion | Il est encore temps ! |
Le lexique
- **Lexique de l'urgence** : urgence, immédiatement, sans attendre, avant qu'il ne soit trop tard ;
- **Lexique du devoir** : responsabilité, devoir, engagement, conscience ;
- **Lexique de l'espoir** : ensemble, avenir, possible, construire, sauver.
Les figures de style
L'appel est un texte de rhétorique : la métaphore, l'hyperbole, la gradation et l'anaphore y sont chez elles. Elles frappent l'imagination là où l'argument seul laisserait froid.
4. Récapitulatif
Fiche d'identité du texte exhortatif
| Question posée à l'examen | Réponse attendue | | :------------------------ | :--------------- | | À quel type de texte appartient ce texte ? | Un appel ; le discours est exhortatif | | À quoi le reconnaissez-vous ? | Aux verbes performatifs, à l'impératif, aux verbes de modalité, à l'interpellation du destinataire | | Qui est l'auteur ? | Un responsable, un militant, un scientifique, une organisation | | À qui s'adresse-t-il ? | Aux jeunes, aux citoyens, à la communauté internationale | | Quel est le plan du texte ? | Constat, dénonciation, appel à l'action, espoir | | Quelle est la visée ? | Convaincre le récepteur de la nécessité du changement et l'inciter à agir |
Formuler la visée d'un appel
Une réponse complète comporte trois éléments : de quoi il s'agit, à qui l'auteur s'adresse, ce qu'il veut obtenir.
> L'auteur lance un appel aux jeunes pour les sensibiliser au danger de la pollution plastique et les inciter à adopter des gestes quotidiens de réduction des déchets.
Évitez : « l'auteur veut inciter le lecteur à agir. » C'est vrai de tous les appels ; cela ne dit rien de celui-ci.
Grille de repérage
| Je trouve… | J'en conclus… | | :--------- | :------------ | | j'appelle, j'exhorte, j'invite | verbe performatif : c'est un appel | | agissons, protégez, ne restons pas | impératif : partie exhortative | | il faut, nous devons, il est urgent | verbe de modalité : nécessité | | vous, votre, jeunes de mon pays | interpellation du destinataire | | allons-nous rester spectateurs ? | question rhétorique | | ensemble, avenir, possible | lexique de l'espoir : la fin du texte |
Deux erreurs qui coûtent des points
- **Confondre appel et texte argumentatif.** Un texte peut argumenter longuement sans être un appel. Le critère décisif : **y a-t-il incitation explicite à agir ?**
- **Oublier la partie expositive.** Beaucoup de candidats croient que l'appel commence au premier impératif. Il commence bien avant, par le **constat** qui le rend nécessaire.
5. Énonciation, rapport de force et enjeu de l'appel
Qui parle, et à qui ?
Avant d'étudier les procédés d'un appel, on décrit sa situation d'énonciation : l'énonciateur est celui qui lance l'appel ; l'énonciataire est celui que l'on veut faire agir. Leur présence se lit dans des marques formelles.
| Pôle | Marques formelles | Exemples | | :--- | :---------------- | :------- | | Énonciateur | pronoms et possessifs de la 1re personne, signature, fonction, modalisateurs, lexique évaluatif | « je », « nous », « notre » ; « Le comité de quartier » ; « sans aucun doute » ; « inadmissible » | | Énonciataire | pronoms de la 2e personne, apostrophe, impératif, questions qui lui sont adressées | « vous », « votre » ; « Chers voisins » ; « Venez » ; « Laisserez-vous faire ? » |
Le « nous » inclusif réunit les deux pôles : « Protégeons notre parc » (l'auteur agit avec ceux qu'il appelle). Le « nous » exclusif ne désigne que le groupe qui parle : « Nous, membres du club, avons décidé d'agir ».
Le degré d'implication de l'énonciateur
- **Implication forte** : l'auteur dit « je » ou « nous », témoigne, exprime ses émotions et s'engage lui-même : « Je serai devant la mairie samedi ; venez avec moi ». L'appel gagne en chaleur et en sincérité.
- **Implication faible** : l'auteur s'efface derrière une tournure impersonnelle (« Il est demandé aux habitants de… ») ou une phrase nominale (« Interdiction de déposer des ordures »). C'est le ton des avis officiels.
Au BAC, on justifie toujours le degré d'implication par les marques relevées dans le texte.
Le rapport de force et le choix des outils injonctifs
La relation entre l'énonciateur et l'énonciataire explique la forme que prend la demande.
| Relation | Exemple | Outils dominants | Ton | | :------- | :------ | :--------------- | :-- | | Supérieur vers inférieur | une autorité aux usagers | impératif, futur à valeur d'ordre, « il est interdit de » | ferme | | D'égal à égal | une association aux habitants | « nous » inclusif, impératif de la 1re personne du pluriel, subjonctif | solidaire | | Inférieur vers supérieur | des élèves au directeur | conditionnel de politesse, « nous vous prions de » | respectueux |
> Exemple (une même demande, trois relations) : « Les usagers ralentiront aux abords de l'école. » / « Levons le pied : nos enfants traversent ici ! » / « Pourriez-vous faire installer un ralentisseur devant l'école ? »
Repérer les outils permet donc de déduire la relation entre les interlocuteurs.
La fonction impressive du langage
Dans l'appel domine la fonction impressive, appelée aussi fonction conative : le message est centré sur le destinataire et cherche à agir sur lui. Elle se reconnaît à l'interpellation marquée : apostrophe, « vous », impératif, questions oratoires. Ne la confondez pas avec la fonction expressive, centrée sur les sentiments de celui qui parle.
L'enjeu de l'appel
L'enjeu est ce qui est en jeu : ce que l'on gagne si le destinataire agit, ce que l'on perd s'il reste passif. Dans un appel au don du sang, l'enjeu est la vie des malades ; dans un appel au civisme, la santé et le cadre de vie de tout un quartier. L'auteur rend l'enjeu proche et concret, pour que chacun se sente personnellement concerné.
6. L'appel à l'oral : écouter, réagir, prendre la parole
Comprendre un appel entendu
L'appel n'est pas seulement écrit : on l'entend dans un discours, un spot radio, une vidéo de sensibilisation ou une chanson engagée. Avant l'écoute, fixez l'objectif : vous cherchez qui parle, à qui, pour obtenir quelle action. Pendant l'écoute, notez des mots-clés, pas des phrases : l'appel oral répète volontiers l'essentiel.
À l'oral, une partie du sens passe par la voix et le corps.
| Indice | Ce qu'il révèle | | :----- | :-------------- | | L'intonation | montante dans la question, descendante et ferme dans l'ordre, exclamative dans l'émotion | | Le débit et les pauses | l'orateur ralentit et se tait un instant avant l'idée qu'il veut faire retenir | | L'accent d'insistance | un mot détaché et appuyé est un mot-clé (« MAINTENANT ») | | Les gestes et la mimique | une main tendue vers le public invite, un index levé met en garde, un regard direct implique l'auditeur | | La musique, les bruitages | ils créent le climat émotionnel d'un spot |
Il faut aussi lire l'implicite grâce au contexte : un appel diffusé au début de l'été n'a pas besoin de nommer la sécheresse pour que chacun comprenne pourquoi il faut économiser l'eau.
Réagir à un appel
Réagir, c'est prendre position et évaluer les choix de l'orateur : le ton convient-il au public visé ? l'action demandée est-elle précise ? les arguments touchent-ils le destinataire ?
> « Cet appel me paraît efficace : l'orateur s'adresse directement aux jeunes, il donne un lieu et une heure, et la répétition de « ensemble » rend l'action collective. »
Prendre la parole pour lancer un appel
- **Définir la finalité** : quelle action précise voulez-vous obtenir ?
- **Adapter son propos au destinataire** : on n'interpelle pas des camarades comme un directeur ; choisissez un niveau de langue courant et un « vous » ou un « nous » cohérent.
- **Organiser un message court** : une apostrophe, un constat en une phrase, une ou deux raisons, l'action demandée, une formule finale.
- **Dire** : adaptez le volume de la voix à la salle, regardez l'auditoire, articulez, respectez le temps imparti et le schéma intonatif de chaque phrase.
L'oral admet sa propre syntaxe : phrases brèves, répétitions, interjections (« Allez ! »), mise en relief (« C'est maintenant qu'il faut agir »).
> Exemple d'appel oral à partir d'une image, écrit pour cette leçon (une plage couverte de bouteilles en plastique) : « Amis baigneurs, regardez bien cette photo. Ces bouteilles, c'est nous qui les avons laissées. Chaque bouteille oubliée sur le sable finit dans la mer. Alors, ce dimanche, repartez avec vos déchets. La plage est à nous tous : gardons-la propre ! »
7. Rendre compte d'un appel : le compte rendu objectif
Ce que demande la consigne
Le programme propose de lire ou d'écouter un appel pour en restituer le contenu sous forme de compte rendu objectif. Les règles générales restent les mêmes : troisième personne, présent de l'indicatif, aucun jugement, aucune phrase recopiée, environ le tiers du texte sauf indication contraire. L'appel impose cependant une difficulté propre : le texte source ordonne, le compte rendu rapporte.
Transformer les marques de l'injonction
| Dans l'appel | Dans le compte rendu | | :----------- | :------------------- | | « Agissons dès aujourd'hui ! » | L'auteur exhorte ses lecteurs à agir sans tarder. | | « Jeunes de la commune, … » | Il s'adresse aux jeunes de la commune. | | « Allons-nous rester les bras croisés ? » | Il refuse la passivité de ses concitoyens. | | « Nous devons protéger la forêt. » | Il affirme que chacun doit protéger la forêt. | | « Je vous en supplie, … » | Il supplie ses destinataires de… |
Le « nous » et le « vous » de l'auteur disparaissent : ils deviennent « l'auteur », « les habitants », « ses lecteurs ». L'impératif devient un verbe introducteur suivi d'un infinitif.
Les verbes qui suivent les trois parties
- **Partie expositive** : l'auteur constate, rappelle, décrit, signale ;
- **Partie argumentative** : il dénonce, déplore, explique, souligne, met en garde ;
- **Partie injonctive** : il appelle, exhorte, invite, incite, engage, conjure, encourage.
Texte d'entraînement (écrit pour cette leçon)
> Habitants des villages de la montagne, chaque été, le feu ravage une partie de nos forêts. Des hectares de chênes partent en fumée, des troupeaux sont perdus, des familles quittent leur maison en pleine nuit. > > Ces incendies ne naissent pas tous de la chaleur. Un mégot jeté par la fenêtre d'une voiture, un barbecue mal éteint, des déchets brûlés près des arbres suffisent. Chaque forêt perdue, c'est de l'ombre, de l'eau et du travail qui disparaissent pour des années. > > Alors, soyons vigilants. N'allumez aucun feu en forêt, ne jetez rien depuis vos véhicules, signalez immédiatement toute fumée aux pompiers. Ensemble, nous pouvons garder nos montagnes vertes. > > L'association des amis de la forêt
Compte rendu objectif proposé
> Dans cet appel, l'association des amis de la forêt s'adresse aux habitants des villages de montagne au sujet des incendies d'été. Elle rappelle d'abord l'ampleur des dégâts que causent chaque année ces feux. Elle souligne ensuite qu'ils sont souvent dus à des gestes négligents et que leurs conséquences durent longtemps. Elle exhorte enfin les habitants à la prudence et à l'alerte rapide, persuadée qu'une vigilance collective peut préserver la forêt.
Observez : aucun impératif, aucun « nous », des verbes introducteurs qui suivent les trois parties de l'appel.
Le compte rendu oral
Après l'écoute d'un appel, on peut vous demander de le restituer oralement. Même démarche : qui parle, à qui, quel constat, quelles raisons, quelle action demandée, en phrases simples et dans l'ordre du message.
8. Produire un appel pour une journée citoyenne
La situation du projet
Le projet de la séquence est le suivant : dans le cadre d'une journée citoyenne, rédiger des appels pour inciter les habitants de la région à faire preuve de civisme. Les thèmes ne manquent pas : propreté des rues, économie de l'eau, respect des espaces verts, sécurité routière, don du sang, entretien d'une école.
Séance 1 : analyser le sujet et construire la grille
Avant d'écrire, on relit le sujet (l'inducteur) et on répond à cinq questions : qui lance l'appel ? à qui ? pour quelle action précise ? dans quelles circonstances ? sur quel support (texte lu à la radio, affiche, publication sur la page de l'établissement) ? Les réponses fixent le ton, le pronom d'adresse et la mise en page.
On construit ensuite la grille d'évaluation, qui servira à se corriger :
| Critère | Oui / Non | | :------ | :-------- | | L'énonciateur et le destinataire sont clairs | | | Les trois parties sont présentes : constat, raisons d'agir, injonction | | | Les outils injonctifs sont variés et conviennent au rapport de force | | | L'action demandée est précise : quoi, où, quand | | | Les idées sont liées par des connecteurs | | | Les phrases et la ponctuation sont correctes | |
Chercher les raisons d'agir
Variez les types d'arguments :
- **logique** (cause, conséquence) : « Un sac déchiré attire les chiens errants et répand les déchets dans toute la rue » ;
- **moral** (valeurs) : « Respecter la rue, c'est respecter ses voisins » ;
- **affectif** (émotion, fierté) : « Pensez à vos enfants qui jouent sur ce trottoir » ;
- **d'intérêt** (avantage pour le destinataire) : « Une rue propre, c'est moins de maladies » ;
- **par l'exemple** : « La cité voisine a nettoyé son terrain de jeux en une matinée ».
Mettre en page
Un appel écrit comporte un titre ou un slogan, une apostrophe, trois paragraphes, une formule finale et une signature. Une affiche réduit le texte : image, slogan bref, une raison, informations pratiques (date, lieu), nom de l'émetteur.
Séances 2 et 3 : se relire, se corriger
On identifie la nature de l'erreur : mauvaise prise en compte du lecteur, information mal traitée, cohésion non assurée, faute de syntaxe ou d'orthographe, contrainte du sujet non respectée. Puis on corrige par quatre opérations :
| Opération | Exemple | | :-------- | :------ | | Suppression | on retire une phrase qui répète le constat | | Addition | on ajoute le lieu et l'heure à « Venez nettoyer la place » | | Substitution | « Faut pas jeter les papiers » devient « Ne jetez pas vos papiers » | | Déplacement | on place la phrase d'espoir à la fin, et non au milieu |
La co-évaluation suit la même grille : on corrige la copie d'un camarade critère par critère, en proposant une amélioration pour chaque « non ».
9. Entraînement
Questions type BAC et réponses modèles
1. À quel type de texte appartient ce texte ? Justifiez par trois indices.
> C'est un appel ; son discours est exhortatif. Trois indices : la présence d'un verbe performatif (« j'appelle », « j'invite ») ; l'emploi de l'impératif (« agissons », « protégeons ») ; et l'interpellation directe du destinataire par les pronoms de la deuxième personne.
2. Qui est l'auteur ? À qui s'adresse-t-il ?
> L'auteur est … (un responsable d'organisation, un scientifique, un militant). Il s'adresse aux jeunes / aux citoyens / à la communauté internationale, comme le montrent l'apostrophe « … » et les pronoms « vous », « votre ».
3. Relevez les trois parties du texte et donnez les limites de chacune.
> | Partie | Limites | Contenu | > | :----- | :------ | :------ | > | Expositive | du début à « … » | constat de la situation | > | Argumentative | de « … » à « … » | dénonciation, causes et conséquences | > | Exhortative | de « … » à la fin | appel à l'action et expression de l'espoir |
4. Relevez quatre verbes à l'impératif et dites ce qu'ils expriment.
> « Agissons », « protégeons », « n'attendons plus », « exigeons ». Ils expriment l'exhortation : l'auteur ne donne pas un ordre autoritaire mais un appel pressant, renforcé par la première personne du pluriel qui l'inclut lui-même dans l'action demandée.
5. « Allons-nous rester les spectateurs de notre propre disparition ? » Quelle est la nature de cette phrase ? Quel est son effet ?
> C'est une question rhétorique : elle n'attend pas de réponse, car la réponse est contenue dans la question. Effet : elle culpabilise le lecteur et le pousse à sortir de la passivité.
6. Quelle est la visée communicative de l'auteur ?
> L'auteur cherche à convaincre le récepteur de la nécessité du changement et à l'inciter à agir : il veut le sensibiliser à … et obtenir de lui …
7. Relevez le lexique de l'urgence.
> « urgence », « immédiatement », « sans attendre », « avant qu'il ne soit trop tard ».
Exercice de production
Rédigez un appel d'une vingtaine de lignes sur le sujet suivant : le gaspillage de l'eau dans votre région.
Respectez les trois parties, employez au moins deux verbes performatifs, quatre impératifs et une question rhétorique, et terminez par une phrase d'espoir.
À retenir en une phrase
> Un appel constate, dénonce, puis exhorte — et il se reconnaît à ses verbes performatifs, à son impératif et à l'interpellation du destinataire.
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