Technique d'expression — La synthèse de documents

Apprendre à lire un corpus de documents d'histoire, à le confronter dans un tableau et à rédiger une synthèse objective, organisée et reformulée, puis à l'évaluer avec une grille.

يتكوّن الدرس من 6 أجزاء: 1. Qu'est-ce qu'une synthèse de documents ?، 2. Lire et confronter le corpus، 3. Le plan et la problématique، 4. Rédiger : introduction, développement, conclusion، 5. La grille d'évaluation et les erreurs fréquentes، 6. Entraînement type BAC.

1. Qu'est-ce qu'une synthèse de documents ?

Définition

La synthèse de documents est un texte court, objectif et organisé qui rend compte de plusieurs documents (un corpus) portant sur un même thème. Elle ne résume pas les documents l'un après l'autre : elle les confronte, c'est-à-dire qu'elle montre sur quels points ils se rejoignent, se complètent ou s'opposent.

> Le lecteur d'une synthèse doit comprendre l'essentiel du corpus sans l'avoir lu, et voir comment les documents dialoguent entre eux.

Cette technique clôt l'objet d'étude «Textes et documents d'histoire» : après avoir appris à informer d'un fait d'histoire de manière objective, on apprend à réunir plusieurs regards sur ce fait.

Le corpus

Le corpus réunit en général deux à quatre documents de natures variées : extrait d'ouvrage d'histoire, article de presse, témoignage, discours, poème, image, tableau de chiffres. Ils traitent d'un thème commun (un événement, une période, une figure historique), mais chacun l'aborde avec sa nature, son époque et son point de vue.

Les quatre règles d'or

| Règle | Ce qu'elle impose | Ce qu'elle interdit | |---|---|---| | L'objectivité | rapporter fidèlement la pensée des auteurs | donner son avis, juger, s'émouvoir | | La fidélité au corpus | s'en tenir au contenu des documents | ajouter des connaissances personnelles | | La reformulation | dire les idées avec ses propres mots | recopier des phrases des documents | | La confrontation | croiser les documents dans chaque partie | résumer le document A, puis le B, puis le C |

L'objectivité

On n'emploie pas le «je» d'opinion, ni des termes mélioratifs ou péjoratifs qui trahiraient un jugement. On parle des auteurs à la troisième personne : «L'historien rappelle que...», «Le témoin insiste sur...». Les verbes introducteurs et la modalisation servent à rendre la position des auteurs, jamais celle du rédacteur.

Aucune information nouvelle

Même si vous connaissez bien le sujet, vous n'ajoutez rien que le corpus ne dise pas. La synthèse rend compte des documents ; ce n'est ni une dissertation, ni un exposé d'histoire.

La confrontation

C'est le cœur de l'exercice. On distingue trois relations :

  • la **convergence** : les documents s'accordent sur une idée ;
  • la **divergence** : ils s'opposent, ou présentent des points de vue différents ;
  • la **complémentarité** : l'un apporte un aspect que l'autre n'aborde pas.

Synthèse et compte rendu : ne pas confondre

| Critère | Compte rendu | Synthèse de documents | |---|---|---| | Nombre de textes | un seul texte | plusieurs documents | | Organisation | suit en général l'ordre du texte | plan thématique choisi par le rédacteur | | Démarche | réduire et reformuler | réduire, reformuler et confronter | | Ce qu'ils partagent | objectivité, troisième personne, présent | objectivité, troisième personne, présent |

Les qualités attendues

Une bonne synthèse est brève (la consigne fixe souvent un nombre de mots), claire, neutre, écrite au présent de l'indicatif, organisée en paragraphes et liée par des connecteurs qui expriment les rapports entre les documents.

2. Lire et confronter le corpus

Étape 1 : identifier chaque document

Avant de lire le texte lui-même, on lit le paratexte : tout ce qui entoure le document (titre, nom de l'auteur, date, source, légende). Il permet de remplir une fiche d'identité pour chaque document.

| Élément | Question à se poser | Exemple de réponse | |---|---|---| | Nature | Quel type de document ? | extrait d'ouvrage d'histoire, témoignage, article, poème | | Auteur | Qui parle, et à quel titre ? | un historien, un ancien combattant, un journaliste | | Date | Quand le document a-t-il été produit ? | au moment des faits ou des années après | | Thème | De quoi parle-t-il précisément ? | le déclenchement de la guerre de libération | | Idée essentielle | Que dit-il sur ce thème ? | une phrase reformulée, au présent | | Point de vue | Comment l'auteur se situe-t-il ? | neutre, engagé, ému, critique |

La date est importante : un témoignage recueilli longtemps après les faits ne dit pas la même chose qu'un article écrit le lendemain.

Étape 2 : dégager le thème commun

En comparant les fiches, on formule en une phrase le thème commun du corpus. Exemple : trois documents qui évoquent le 1er novembre 1954 ont pour thème commun «le déclenchement de la guerre de libération et la mémoire de cet événement».

Étape 3 : construire le tableau de confrontation

Le tableau de confrontation est l'outil central. On place les documents en colonnes et les aspects du thème en lignes ; dans chaque case, on note en quelques mots ce que dit le document sur cet aspect (ou un tiret s'il n'en dit rien). La dernière colonne indique la relation entre les documents.

| Aspect | Document A (historien) | Document B (témoin) | Document C (article) | Relation | |---|---|---|---|---| | Les faits | actions armées dans plusieurs régions | une nuit d'attente et de secret | rappel bref des faits | convergence A et C | | Le vécu | — | peur, fierté, départ vers le maquis | — | apport propre de B | | La signification | rupture avec la voie politique | début d'une longue lutte | date fondatrice célébrée | convergence nuancée |

Cet exemple est construit pour la leçon ; il montre la méthode, pas un corpus réel.

Le vocabulaire des relations

| Relation | Verbes et expressions utiles | |---|---| | Convergence | s'accorder sur, rejoindre, partager, confirmer, faire écho à | | Divergence | s'opposer à, contredire, nuancer, se démarquer de, contester | | Complémentarité | compléter, préciser, illustrer, prolonger, apporter un éclairage |

Conseils de lecture

  • Lisez chaque document **deux fois** : une fois pour le sens général, une fois crayon en main.
  • Soulignez les idées, pas les détails ; une idée se reformule en une phrase.
  • Repérez les **chiffres, dates et noms** présents dans les documents : ce sont les seuls que vous pourrez utiliser.
  • Une case vide dans le tableau est une information : elle signale qu'un document n'aborde pas un aspect, donc une possible complémentarité.

3. Le plan et la problématique

La problématique

La problématique est la question à laquelle la synthèse répond. Elle naît du tableau de confrontation : elle doit englober tous les documents et faire apparaître ce qui les relie ou les sépare.

Une bonne problématique :

  • porte sur le **thème commun**, pas sur un seul document ;
  • est **neutre** : elle ne contient pas la réponse ni un jugement ;
  • est **précise** : elle annonce les aspects que le plan va traiter.

| Problématique faible | Pourquoi | Problématique correcte | |---|---|---| | Que dit le témoin ? | un seul document | Comment les documents rendent-ils compte de l'événement, entre faits établis et souvenir vécu ? | | Pourquoi cette répression fut-elle si injuste ? | jugement intégré | Comment le corpus présente-t-il les causes et les conséquences de l'événement ? | | Parlons de l'histoire. | trop vague | Quelle place cet événement occupe-t-il dans la mémoire collective selon les documents ? |

On peut la formuler en question directe («Comment... ?») ou indirecte («Il s'agit de voir comment...»).

Le plan thématique

Le développement compte deux ou trois parties. Chaque partie traite un aspect du thème et mobilise plusieurs documents. On ne consacre jamais une partie à un seul document.

Quelques plans possibles

| Type de plan | Parties | Quand l'utiliser | |---|---|---| | Faits / causes / conséquences | I. Ce qui s'est passé ; II. Pourquoi ; III. Ce qui en découle | corpus centré sur un événement | | Faits / vécu / mémoire | I. Les faits établis ; II. Le vécu des acteurs ; III. La transmission | corpus mêlant histoire et témoignage | | Accords / nuances | I. Ce sur quoi les documents s'accordent ; II. Ce qui les distingue | corpus aux points de vue variés |

Le troisième modèle est commode, mais attention : même dans la partie «accords», on confronte les documents ; on ne les résume pas un par un.

Le plan à proscrire

> I. Le document A ; II. Le document B ; III. Le document C.

C'est le défaut le plus fréquent : il produit trois résumés juxtaposés et supprime toute confrontation.

Ordonner les idées dans une partie

À l'intérieur d'une partie, on va en général :

  • de l'idée **partagée** par plusieurs documents vers la **nuance** apportée par un autre ;
  • du **général** (le fait établi) vers le **particulier** (l'exemple, le témoignage).

Exemple de plan

Corpus imaginé : un extrait d'ouvrage d'histoire, un témoignage et un article sur le 1er novembre 1954.

Problématique : «Comment les documents présentent-ils le déclenchement de la guerre de libération, à la fois comme un fait historique et comme un souvenir transmis ?»

  • I. Un événement établi : les actions du 1er novembre 1954 (documents A et C, précisés par B).
  • II. Un événement vécu et transmis : l'expérience des acteurs et la place de la date dans la mémoire (B et C, éclairés par A).

4. Rédiger : introduction, développement, conclusion

L'introduction

Elle forme un seul paragraphe et comprend trois ou quatre moments, dans cet ordre :

| Moment | Rôle | Exemple de formulation | |---|---|---| | Présentation du thème | amener le sujet de façon neutre | «Le 1er novembre 1954 marque le début de la guerre de libération nationale.» | | Présentation du corpus | nommer chaque document : nature, auteur, date | «Le corpus réunit un extrait d'ouvrage d'histoire, un témoignage d'ancien combattant et un article de presse.» | | Problématique | poser la question | «Comment ces documents rendent-ils compte de cet événement, entre fait établi et mémoire vécue ?» | | Annonce du plan | indiquer les parties | «Nous verrons d'abord..., puis...» |

Le «nous» de l'annonce du plan est admis : c'est un «nous» de méthode, pas un «nous» d'opinion. On peut aussi écrire : «Il s'agira de voir d'abord..., ensuite...».

Le développement

Chaque partie forme un paragraphe (ou deux) construit ainsi :

  • une **phrase d'introduction** qui annonce l'aspect traité ;
  • la **confrontation** : ce que disent les documents, reliés par des connecteurs ;
  • éventuellement une **phrase de transition** vers la partie suivante.

> Exemple de paragraphe : Les documents s'accordent d'abord sur la nature de l'événement. L'historien présente le 1er novembre 1954 comme une série d'actions armées menées dans plusieurs régions ; l'article rappelle, lui aussi, cette simultanéité. Le témoin, quant à lui, précise ce que fut cette nuit pour ceux qui l'ont préparée : une attente faite de secret et de tension.

On remarque : le présent, la troisième personne, des verbes introducteurs variés (présente, rappelle, précise) et des connecteurs qui disent la relation (lui aussi, quant à lui).

Désigner les documents

On varie les désignations : «le document A», «l'historien», «l'auteur de l'article», «le témoin», «le poète». On évite la formule mécanique «le document 1 dit que...» répétée à chaque phrase.

La conclusion

Elle est brève et :

  • répond à la problématique en résumant l'apport de la confrontation ;
  • ne contient **ni opinion, ni information nouvelle** ;
  • peut, si on le souhaite, s'ouvrir sur une question neutre liée au corpus.

Les connecteurs et verbes de la synthèse

| Pour exprimer | Connecteurs | Verbes introducteurs | |---|---|---| | la convergence | de même, également, ainsi que, comme, lui aussi | confirme, rejoint, partage | | la divergence | en revanche, au contraire, alors que, tandis que, contrairement à | nuance, conteste, s'oppose à | | la complémentarité | en outre, de plus, par ailleurs, quant à | précise, complète, illustre | | la conclusion | ainsi, en somme, en définitive | montre, met en évidence |

Rappel : les rapports logiques ont été étudiés dans une leçon de langue ; ici, ils servent surtout à faire dialoguer les documents.

5. La grille d'évaluation et les erreurs fréquentes

Pourquoi une grille ?

Le programme demande d'élaborer une grille d'évaluation en classe, de rédiger une synthèse, puis de la co-évaluer et de l'améliorer. La grille transforme les règles de la synthèse en critères vérifiables : on répond par oui ou non, on note, puis on corrige.

Exemple de grille

Cette grille est un exemple de travail en classe ; le barème peut être adapté par le professeur.

| Critère | Question à se poser | Points | |---|---|---| | Présentation du corpus | Chaque document est-il nommé (nature, auteur, date) ? | 2 | | Problématique | Une question neutre englobe-t-elle tout le corpus ? | 2 | | Plan | Le plan est-il thématique, annoncé puis respecté ? | 3 | | Confrontation | Chaque partie croise-t-elle plusieurs documents ? | 4 | | Objectivité | Le texte est-il sans opinion ni terme évaluatif ? | 2 | | Fidélité | Aucune information extérieure au corpus n'est-elle ajoutée ? | 2 | | Reformulation | Les idées sont-elles dites avec ses propres mots ? | 2 | | Cohérence | Les connecteurs marquent-ils bien les relations ? | 1 | | Langue | Orthographe, accords, présent de l'indicatif ? | 1 | | Longueur | Le nombre de mots demandé est-il respecté ? | 1 |

La co-évaluation

  • On échange les copies avec un camarade.
  • On applique la grille critère par critère, en soulignant dans la copie le passage qui pose problème.
  • On écrit pour chaque critère non atteint une **remarque précise** («partie II : seul le document B est utilisé»).
  • Chacun réécrit sa synthèse en tenant compte des remarques.

Une remarque utile nomme le problème et propose une solution ; «c'est bien» ou «c'est mal» n'aide personne.

Les erreurs fréquentes

| Erreur | Exemple | Correction | |---|---|---| | Juxtaposition | «Le document A dit... Le document B dit...» | regrouper par aspect et confronter | | Opinion | «Ce témoignage est très émouvant.» | «Le témoin exprime son émotion.» | | Ajout d'informations | une date que le corpus ne donne pas | supprimer tout ce qui n'est pas dans les documents | | Copie | phrases entières reprises des documents | reformuler avec ses mots | | Problématique partielle | question sur un seul document | élargir au thème commun | | Conclusion engagée | «Il faut que les jeunes n'oublient jamais.» | répondre à la problématique de façon neutre | | Temps incohérents | passage au passé simple pour présenter les auteurs | présent de l'indicatif |

Liste de vérification finale

  • Ai-je présenté tous les documents dans l'introduction ?
  • Ma problématique est-elle une vraie question, neutre ?
  • Chaque partie confronte-t-elle au moins deux documents ?
  • Ai-je relu pour chasser tout adjectif de jugement ?
  • Ai-je respecté le nombre de mots ?

6. Entraînement type BAC

Texte d'entraînement : un petit corpus

Les trois documents ci-dessous ont été rédigés pour cet entraînement ; ils n'ont pas d'auteur réel. Ils portent sur les événements du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata.

Document A — extrait d'un ouvrage d'histoire (texte d'entraînement)

> Le 8 mai 1945, alors que l'Europe célèbre la capitulation de l'Allemagne nazie, des Algériens défilent à Sétif pour rappeler leur participation à la guerre et réclamer la liberté. La manifestation est réprimée par la force ; dans les jours et les semaines qui suivent, la violence s'étend à Guelma, à Kherrata et à leurs environs. Le nombre des victimes se compte en milliers ; son chiffre exact reste discuté par les historiens.

Document B — témoignage d'un habitant de la région, recueilli des années plus tard (texte d'entraînement)

> J'avais neuf ans. Je me souviens des camions sur la route et de ma mère qui nous a cachés dans la montagne. Mon père n'est pas revenu. Après, à la maison, on n'en parlait pas : c'était une blessure qu'on gardait pour soi. C'est seulement devenu vieux que j'ai osé raconter.

Document C — article publié à l'occasion d'un anniversaire (texte d'entraînement)

> Les journées de mai 1945, au cours desquelles des manifestations pour la liberté sont réprimées par la force dans plusieurs localités, marquent pour beaucoup d'historiens un tournant : elles convainquent une partie des militants nationalistes que la seule voie politique ne suffira pas, ce qui prépare la lutte armée déclenchée le 1er novembre 1954. Aujourd'hui, la date est commémorée chaque année ; enseignants et associations travaillent à transmettre ce souvenir aux jeunes générations.

Questions

  • Présentez chacun des trois documents : nature, point de vue, idée essentielle.
  • Relevez un point de convergence entre les documents A et C.
  • Quel aspect le document B apporte-t-il que les deux autres n'abordent pas ?
  • Relevez une divergence, ou une tension, entre les documents B et C.
  • Formulez une problématique et proposez un plan en deux parties.
  • Rédigez la synthèse de ce corpus en 150 à 200 mots.

Corrigé

1. A est un extrait d'ouvrage d'histoire, au ton neutre : il expose les faits et reste prudent sur le bilan. B est un témoignage personnel et ému : il dit la peur, la perte et le silence. C est un article de commémoration : il dégage la portée de l'événement et sa transmission.

2. A et C présentent tous deux ces journées comme liées à une revendication de liberté, réprimée par la force.

3. B apporte le vécu : la peur d'un enfant, la disparition du père, le silence de la famille.

4. B insiste sur un long silence («on n'en parlait pas»), alors que C décrit une mémoire commémorée et transmise aujourd'hui.

5. Problématique : «Comment les documents rendent-ils compte des événements du 8 mai 1945, entre faits établis, souvenir vécu et transmission ?» Plan : I. Un événement établi et sa portée ; II. Du silence à la transmission.

6. Synthèse modèle

> Les événements du 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata sont évoqués par un extrait d'ouvrage d'histoire, le témoignage d'un habitant de la région recueilli des années plus tard et un article de commémoration. Comment ces documents rendent-ils compte de ces journées, entre faits établis, souvenir vécu et transmission ? Nous verrons d'abord l'événement et sa portée, puis le passage du silence à la mémoire. > > L'historien et le journaliste s'accordent sur l'essentiel : des manifestants qui réclament la liberté sont durement réprimés, et la violence gagne plusieurs localités. L'historien précise que les victimes se comptent en milliers, sans chiffre définitif ; l'article, lui, souligne la portée de ces journées, qui orientent une partie des nationalistes vers la lutte armée de 1954. > > Le témoin, quant à lui, fait entendre le vécu : la fuite dans la montagne, la perte du père. Il insiste sur le silence qui suit, tandis que l'article décrit une date aujourd'hui commémorée et transmise aux jeunes. > > Ainsi, le corpus éclaire un même événement sous trois angles complémentaires : les faits, la blessure intime et la mémoire collective.

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