Projet 2 — Concéder et réfuter : le texte de réfutation
Apprendre à concéder puis à réfuter une opinion : outils de la concession, procédés et figures de la réfutation, plan de réfutation et rédaction d'un texte concessif, avec un entraînement type BAC.
يتكوّن الدرس من 6 أجزاء: 1. Concéder : reconnaître pour mieux répondre، 2. Réfuter : les procédés de la réfutation، 3. Les figures de style au service de la réfutation، 4. L'organisation du texte : concession, réfutation, thèse، 5. Rédiger un texte pour concéder et réfuter، 6. Entraînement type BAC.
1. Concéder : reconnaître pour mieux répondre
Qu'est-ce que concéder ?
Concéder, c'est admettre en partie une idée de l'adversaire, reconnaître la valeur de l'un de ses arguments, pour mieux affirmer ensuite sa propre position. La concession fonctionne toujours en deux temps :
- **j'accorde** : je reconnais une part de vérité à la thèse adverse ;
- **je m'oppose** : je montre que cette part de vérité ne suffit pas à lui donner raison.
> «Certes, étudier à l'étranger ouvre des horizons, mais cela coûte très cher aux familles.»
Dans cette phrase, l'énonciateur accorde un avantage aux études à l'étranger, puis il avance l'argument qu'il juge le plus fort : leur coût. L'argument retenu est toujours celui qui vient après le mot d'opposition.
La concession comme fait de langue (rappel)
La leçon sur la concession étudie ces outils en détail ; retenons les plus utiles au débat :
| Outil | Construction | Exemple | |---|---|---| | certes… mais | deux propositions indépendantes | Certes, le départ est difficile, mais l'expérience forme le caractère. | | il est vrai que… cependant | indicatif | Il est vrai que l'éloignement pèse ; cependant, on apprend l'autonomie. | | bien que / quoique | + subjonctif | Bien que les études à l'étranger soient coûteuses, elles ouvrent des portes. | | même si | + indicatif | Même si l'université est loin, il faut tenter sa chance. | | malgré / en dépit de | + nom | Malgré la distance, il garde le contact avec sa famille. | | avoir beau | + infinitif | Il a beau réviser tard le soir, ses notes ne progressent pas. | | quand bien même | + conditionnel | Quand bien même il obtiendrait une bourse, il hésiterait à partir. |
D'autres formules servent à concéder dans un échange : «sans doute… mais», «j'admets que… toutefois», «je reconnais que… néanmoins», «on peut accorder que… pourtant».
Concession ou opposition ?
- **L'opposition** met face à face deux faits ou deux idées : «Mon frère aime les sciences ; ma sœur, au contraire, préfère les lettres.»
- **La concession** admet un fait, puis montre qu'il n'entraîne pas la conséquence attendue : «Bien qu'il ait beaucoup travaillé, il a échoué.» On attendait la réussite.
La concession comme stratégie dans un débat
Le programme invite à étudier la concession non seulement comme fait de langue, mais aussi comme stratégie d'intervention dans un débat. Pourquoi concéder ?
- pour montrer son **honnêteté** et son **ouverture d'esprit** : on n'ignore pas les arguments de l'autre ;
- pour **respecter l'adversaire**, ce qu'exige tout débat ;
- pour **désarmer** l'objection avant qu'elle ne soit formulée ;
- pour rendre la **réfutation plus crédible** : celui qui reconnaît une part de vérité paraît plus juste quand il rejette le reste.
Les formules de la concession à l'oral
- «Je vous accorde que…, mais…»
- «Vous avez raison sur un point : … Toutefois…»
- «Je reconnais volontiers que…, néanmoins…»
- «C'est vrai, et je ne le nie pas ; seulement…»
Les limites de la concession
On ne concède jamais l'essentiel : celui qui accorde tous les arguments de l'adversaire finit par lui donner raison. La concession porte sur un point secondaire, et elle est immédiatement suivie d'un argument plus fort. On distingue ainsi la concession sincère, où l'on reconnaît réellement la valeur d'un argument, et la concession tactique, où l'on accorde un point pour mieux le dépasser.
2. Réfuter : les procédés de la réfutation
Qu'est-ce que réfuter ?
Réfuter, c'est rejeter une thèse en montrant qu'elle est fausse, incomplète, exagérée ou dangereuse. Un texte de réfutation met donc toujours en présence deux thèses :
- la **thèse réfutée** (ou thèse adverse) : celle que l'on combat ;
- la **thèse défendue** : celle que l'on propose à la place.
Rapporter la thèse adverse : la polyphonie
Avant de réfuter, il faut faire entendre la voix de l'adversaire. On emploie pour cela les indices de la polyphonie :
- des pronoms indéfinis : «On entend dire que…», «Certains affirment que…» ;
- des expressions de source : «Selon les partisans des cours particuliers…» ;
- le **conditionnel** qui marque la distance : «Ces cours seraient la clé de la réussite» ;
- des verbes introducteurs qui jugent déjà l'opinion rapportée : «prétendre», «s'imaginer», «croire à tort» ;
- les **guillemets de distance** : ces cours «miracles».
Comparez : «Certains affirment que…» (neutre) et «Certains prétendent que…» (l'énonciateur laisse entendre que l'idée est douteuse).
Les procédés de la réfutation
| Procédé | Principe | Exemple (thèse adverse : «les cours particuliers sont indispensables pour réussir le bac») | |---|---|---| | Discréditer l'argument | Montrer qu'il repose sur une erreur : généralisation abusive, fausse cause, information non vérifiée | «Dire que tous les bons élèves prennent des cours, c'est généraliser à partir de quelques cas.» | | Contre-argument | Opposer un argument plus fort | «Ces cours fatiguent les élèves, qui arrivent épuisés en classe le lendemain.» | | Contre-exemple | Un seul cas contraire ruine une généralisation | «Ma voisine a obtenu une mention en révisant seule.» | | Montrer une contradiction | Révéler que l'adversaire se contredit | «Vous dites que ces cours sont indispensables, mais vous reconnaissez vous-même que le premier de votre classe n'en a jamais pris.» | | Montrer une conséquence inacceptable | Pousser la thèse jusqu'à ses effets | «Si ces cours étaient indispensables, seuls les enfants de familles aisées pourraient réussir.» | | Retourner l'argument | Utiliser l'argument de l'adversaire contre lui | «Vous dites que ces cours rassurent ; justement, ils entretiennent l'idée qu'on ne peut pas réussir seul.» |
Le contre-exemple est particulièrement efficace contre les phrases qui généralisent («tous», «toujours», «jamais», «personne») : il suffit d'un cas contraire pour montrer que l'affirmation est fausse.
Le lexique et les connecteurs de la réfutation
- **verbes** : réfuter, contester, rejeter, démentir, nier, récuser, objecter, s'opposer à ;
- **expressions** : «C'est une erreur de croire que…», «Rien n'est moins sûr», «Contrairement à ce que l'on prétend…», «Loin de…, au contraire…», «En réalité…» ;
- **connecteurs** : or, pourtant, en réalité, au contraire, en revanche, cependant.
Le connecteur «or» est précieux : il introduit le fait qui contredit le raisonnement adverse. «On dit que seuls les cours privés mènent au succès. Or, chaque année, des élèves réussissent sans y avoir recours.»
Réfuter les idées, respecter les personnes
Réfuter ne signifie pas attaquer l'adversaire. Se moquer de son âge, de son origine ou de son apparence n'est pas un argument : c'est une attaque personnelle, qui affaiblit celui qui l'emploie et viole le respect dû à l'autre. On critique ce qui est dit, jamais celui qui le dit.
3. Les figures de style au service de la réfutation
Pourquoi des figures de style dans la réfutation ?
Pour réfuter, il ne suffit pas toujours de raisonner : il faut aussi frapper l'esprit du lecteur ou de l'auditoire, rendre la thèse adverse fragile, parfois ridicule. Les figures de style servent alors la visée persuasive de la réfutation. Leur définition complète est donnée dans la leçon sur les figures de style ; on s'intéresse ici à leur effet dans un texte qui réfute.
| Figure | Principe | Effet dans la réfutation | Exemple | |---|---|---|---| | Ironie | Dire le contraire de ce que l'on pense | Ridiculiser la thèse adverse en feignant de l'adopter | «Bien sûr, quatre heures de cours payants chaque soir, voilà le meilleur moyen d'arriver reposé à l'examen !» | | Question rhétorique | Question dont la réponse est évidente | Imposer la réponse au destinataire | «Peut-on sérieusement croire qu'un élève épuisé apprend mieux ?» | | Antithèse | Rapprocher deux termes opposés | Souligner un contraste qui dessert l'adversaire | «Ces cours remplissent l'agenda mais vident le porte-monnaie.» | | Hyperbole | Exagérer | Grossir les conséquences de la thèse adverse | «Ces élèves courent d'un professeur à l'autre sans jamais respirer.» | | Litote | Dire moins pour faire entendre plus | Critiquer avec une politesse apparente | «Ce raisonnement n'est pas des plus solides.» | | Gradation | Termes rangés par intensité croissante | Rendre l'accusation de plus en plus forte | «Cette habitude est inutile, coûteuse, dangereuse.» |
Reconnaître l'ironie
L'ironie est la figure la plus difficile à repérer, car le sens littéral est l'inverse du sens réel. Ses indices :
- un **contraste** entre ce qui est dit et ce que l'on sait de la situation ;
- des adverbes faussement approbateurs : «bien sûr», «évidemment», «naturellement» ;
- l'**exagération** et la **ponctuation expressive** (point d'exclamation) ;
- des **guillemets** qui mettent un mot à distance ;
- le contexte : l'énonciateur a annoncé ailleurs qu'il rejetait cette idée.
> «Évidemment, le meilleur moyen d'apprendre une langue, c'est de ne jamais la parler !»
Ici, l'énonciateur feint d'approuver une méthode pour en montrer l'absurdité.
Commenter une figure de style : la méthode
Au BAC, on ne se contente pas de nommer une figure : on l'identifie, on la cite et on explique son effet. Une phrase modèle :
> «Dans "Ce raisonnement n'est pas des plus solides", l'auteur emploie une litote : il atténue l'expression pour faire entendre que le raisonnement est très faible. Il réfute ainsi la thèse adverse sans agressivité apparente.»
Erreurs à éviter
- confondre **litote** et **euphémisme** : la litote dit moins pour suggérer **plus** ; l'euphémisme adoucit une réalité pénible («il nous a quittés» pour «il est mort») ;
- confondre **antithèse** (deux termes opposés rapprochés) et **opposition** logique entre deux idées marquée par un connecteur ;
- nommer une figure sans dire **à quoi elle sert** dans la réfutation.
Une réfutation efficace associe les deux visées : des arguments solides pour convaincre, et des figures bien choisies pour persuader.
4. L'organisation du texte : concession, réfutation, thèse
Le plan de réfutation
Un texte qui concède et réfute suit généralement une structure en quatre temps :
| Étape | Rôle | Outils de la langue | |---|---|---| | 1. Thèse adverse rapportée | Faire entendre l'opinion que l'on va combattre | On dit que…, certains prétendent que…, selon…, conditionnel | | 2. Concession | Reconnaître une part de vérité à l'adversaire | Certes, il est vrai que, j'admets que, bien que | | 3. Réfutation | Démontrer les limites ou les erreurs de la thèse adverse | Mais, cependant, or, en réalité, contre-arguments, contre-exemples | | 4. Thèse défendue | Affirmer sa propre position | Je pense que, je suis convaincu que, c'est pourquoi, en définitive |
Exemple commenté
> [Thèse adverse] Beaucoup de lycéens affirment que partir étudier à l'étranger est la seule voie vers la réussite. [Concession] Il est vrai qu'un tel départ offre des formations variées et l'occasion de pratiquer une langue étrangère. [Réfutation] Cependant, l'expatriation coûte cher, éloigne de la famille et ne garantit pas un emploi. En réalité, de nombreux diplômés réussissent brillamment sans avoir jamais quitté leur pays. [Thèse défendue] Je suis donc convaincu que la réussite dépend moins du lieu des études que du travail et de la persévérance de l'étudiant.
Les crochets n'apparaissent évidemment pas dans un vrai texte : ils montrent ici la fonction de chaque phrase.
Plan dialectique ou plan de réfutation ?
| | Plan dialectique | Plan de réfutation | |---|---|---| | Structure | Thèse, antithèse, synthèse | Thèse adverse, concession, réfutation, thèse défendue | | Visée | Examiner les deux points de vue et aboutir à une position nuancée | Rejeter une opinion et en imposer une autre | | Place de l'adversaire | Ses arguments occupent une partie entière | Ses arguments sont rapportés puis combattus | | Sujet typique | «Faut-il… ? Discutez.» | «Un camarade affirme que… Réfutez son point de vue.» |
Les deux plans font entendre la thèse adverse ; la différence tient à la conclusion : la synthèse du plan dialectique concilie ou dépasse les deux positions, alors que le plan de réfutation donne tort à l'adversaire.
Classer les arguments
Pour construire le texte, on classe les arguments en favorables et défavorables à la thèse principale, puis on décide lesquels on concède et lesquels on réfute. On garde pour la fin de la réfutation l'argument le plus fort.
Le système des temps dans le texte de réfutation
- le **présent** pour la thèse, les arguments et les vérités générales ;
- le **conditionnel** pour rapporter avec distance la thèse adverse («ces cours garantiraient la réussite») et pour les hypothèses («si l'on supprimait ces cours, les élèves écouteraient davantage en classe») ;
- le **subjonctif** après «bien que», après un verbe d'opinion à la forme négative («je ne crois pas que ce départ soit indispensable») ou après «il n'est pas vrai que» («il n'est pas vrai que tous les bons élèves partent à l'étranger»).
5. Rédiger un texte pour concéder et réfuter
La démarche en cinq étapes
1. Analyser le sujet
Repérez dans la consigne : la thèse à réfuter, la situation de communication (lettre, article, intervention orale, publication sur la page du lycée), le destinataire et les contraintes (longueur, concession exigée).
2. Rechercher les idées
Préparez un tableau à deux colonnes :
| Ce que je concède | Ce que je réfute | |---|---| | Les études à l'étranger offrent des formations variées. | Elles seraient la seule voie de réussite. | | On y pratique une langue étrangère. | Elles garantiraient un emploi. |
Ajoutez pour chaque point réfuté un contre-argument ou un contre-exemple.
3. Construire le plan
Thèse adverse → concession → réfutation (deux ou trois arguments, du moins fort au plus fort) → thèse défendue.
4. Rédiger
- **Introduction** : amenez le thème et rapportez la thèse adverse.
- **Développement** : un paragraphe pour la concession, un ou deux paragraphes pour la réfutation.
- **Conclusion** : affirmez votre thèse et, si possible, ouvrez sur une proposition.
5. Relire
Vérifiez la ponctuation, les accords, les modes après les outils de concession et la variété des connecteurs.
Sujet type et production modèle
> Sujet : sur la page Facebook de votre lycée, un camarade affirme que partir étudier à l'étranger est la seule façon de réussir sa vie. Rédigez un texte dans lequel vous lui concédez une partie de son point de vue avant de le réfuter.
Exemple de production :
> Dans un message récent, un camarade soutient que seules les études à l'étranger permettent de réussir sa vie. Cette idée, de plus en plus répandue chez les lycéens, mérite d'être discutée. > > Je reconnais volontiers que partir étudier ailleurs présente des avantages : on y découvre d'autres méthodes, on y pratique une langue étrangère et l'on apprend à se débrouiller seul. > > Cependant, prétendre que c'est la seule voie, c'est oublier bien des réalités. D'abord, un tel départ coûte cher, et toutes les familles ne peuvent pas l'assumer : faudrait-il en conclure que la réussite est réservée aux plus aisés ? Ensuite, l'éloignement est une épreuve ; certains étudiants, seuls et loin des leurs, se découragent. Enfin, nos universités forment chaque année des médecins, des ingénieurs et des enseignants qui réussissent sans avoir quitté le pays. > > Je ne crois donc pas que le lieu des études soit la clé du succès. Ce qui compte, c'est le sérieux, la curiosité et la persévérance. Partir peut être une belle chance ; rester n'est pas un échec.
On y retrouve la thèse adverse rapportée («un camarade soutient que»), la concession («Je reconnais volontiers que»), la réfutation organisée («Cependant», «D'abord», «Ensuite», «Enfin»), une question rhétorique, un subjonctif après un verbe d'opinion négatif («soit») et une antithèse finale («partir / rester»).
Grille d'autocontrôle
| Critère | Question à se poser | |---|---| | Thèse adverse | L'ai-je rapportée clairement, avec un indice de polyphonie ? | | Concession | Ai-je reconnu un point secondaire, sans céder sur l'essentiel ? | | Réfutation | Ai-je donné au moins deux contre-arguments ou contre-exemples ? | | Thèse défendue | Ma position est-elle nettement affirmée à la fin ? | | Langue | Ai-je employé correctement «bien que» + subjonctif et «même si» + indicatif ? | | Respect | Ai-je critiqué les idées sans attaquer la personne ? |
À l'oral : jeux de rôles et mini-débats
À l'oral, il faut arrimer son propos à celui de l'interlocuteur : reprendre ses mots avant d'y répondre. «Vous dites que les cours particuliers rassurent ; je vous l'accorde. Mais rassurer, est-ce faire réussir ?» Cette reprise montre l'écoute et rend la réfutation plus précise.
6. Entraînement type BAC
Texte d'entraînement
*Texte rédigé pour cette leçon.*
> Les cours particuliers, une nécessité ? > > «Sans cours particuliers, pas de bac» : voilà ce que répètent, chaque année, bien des parents et des élèves. Dès la rentrée, certains lycéens courent d'un professeur à l'autre, le soir et le week-end, persuadés que la réussite s'achète à l'heure. > > Il est vrai que ces cours peuvent aider. Un élève en difficulté y trouve parfois des explications plus patientes, dans un petit groupe où il ose poser ses questions. Je ne nie pas non plus qu'ils rassurent les familles inquiètes. > > Mais faut-il en conclure qu'ils sont indispensables ? Rien n'est moins sûr. D'abord, ils coûtent cher, et toutes les familles ne peuvent pas les payer : prétendre qu'ils sont nécessaires, c'est affirmer que la réussite dépend du porte-monnaie des parents. Ensuite, ils épuisent les élèves. Bien sûr, enchaîner une journée entière de cours au lycée puis trois heures de cours payants, c'est la meilleure façon d'arriver frais et reposé à l'examen ! Enfin, ils rendent certains élèves passifs : pourquoi écouter en classe, se disent-ils, puisque le professeur du soir répétera tout ? Je connais d'ailleurs un camarade qui, sans aucun cours payant, a obtenu son bac avec mention, simplement parce qu'il travaillait chaque jour avec méthode. > > Je ne crois donc pas que les cours particuliers soient la clé de la réussite. Ils peuvent être un appui ponctuel, jamais un substitut au travail personnel. La vraie clé, c'est la régularité : écouter en classe, réviser chaque jour, s'entraider entre camarades. Celle-là est gratuite, et elle est à la portée de tous.
Questions
- Quelle est la thèse adverse ? Relevez deux indices de la polyphonie qui la font entendre.
- Relevez une phrase de concession et l'outil qui l'introduit.
- Relevez les trois arguments de la réfutation et le contre-exemple qui les complète.
- «Bien sûr, enchaîner une journée entière de cours au lycée puis trois heures de cours payants, c'est la meilleure façon d'arriver frais et reposé à l'examen !» Identifiez la figure de style et expliquez sa fonction.
- «Je ne crois donc pas que les cours particuliers soient la clé de la réussite.» Justifiez le mode du verbe «soient».
- Dégagez le plan du texte. S'agit-il d'un plan dialectique ou d'un plan de réfutation ? Justifiez.
Corrigé
- **Thèse adverse** : les cours particuliers sont indispensables pour obtenir le bac. **Indices de la polyphonie** : la citation au discours direct entre guillemets («Sans cours particuliers, pas de bac») ; le verbe introducteur «répètent» attribuant l'idée aux «parents et élèves» ; le participe «persuadés que» qui rapporte leur conviction.
- **Concession** : «Il est vrai que ces cours peuvent aider.» Outil : «Il est vrai que». On peut aussi relever «Je ne nie pas non plus qu'ils rassurent les familles inquiètes.»
- **Arguments** : les cours coûtent cher et rendent la réussite injuste ; ils épuisent les élèves ; ils les rendent passifs en classe. **Contre-exemple** : le camarade qui a obtenu son bac avec mention sans aucun cours payant.
- C'est une **ironie** (antiphrase) : l'auteur dit le contraire de ce qu'il pense, ce que signalent «Bien sûr», le superlatif «la meilleure façon» et le point d'exclamation. Elle **ridiculise** l'habitude de multiplier les cours et réfute l'idée qu'elle prépare bien à l'examen.
- «Soient» est au **subjonctif** car il dépend d'un verbe d'opinion à la forme négative («Je ne crois pas que»), qui exprime le rejet de l'idée.
- **Plan** : thèse adverse (premier paragraphe), concession (deuxième paragraphe), réfutation (troisième paragraphe), thèse défendue (dernier paragraphe : la régularité du travail est la vraie clé). C'est un **plan de réfutation** : l'auteur ne cherche pas une synthèse entre les deux positions, il donne tort aux partisans des cours particuliers.
Méthode à retenir
Pour analyser un texte de réfutation : repérez la thèse adverse et ses indices de polyphonie → la concession et son outil → les procédés de réfutation (contre-arguments, contre-exemples, figures) → la thèse défendue → le plan. Pour chaque fait de langue, nommez-le, citez-le et expliquez son rôle dans la stratégie de l'auteur.
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